|
|
Tiberio Graziani|Le piège : Afghanistan 1979-2009|15.12.2009
|
Tiberio Graziani Le piège : Afghanistan 1979-2009
Le président Obama vient de choisir l’escalade militaire en Afghanistan où l’OTAN affronte l’insurrection pashtoune, assimilée par la propagande à l’obscurantisme religieux. Ce faisant Washington s’engage dans un nouveau bourbier. L’analyste italien Tiberio Graziani observe ici que le piège afghan, qui avait été créé par les États-Unis en 1979 pour nuire aux Soviétiques, se referme aujourd’hui sur eux.
1979, l’année de la déstabilisation
Parmi les divers évènements de la politique internationale de l’année 1979, il y en a deux qui sont particulièrement importants à souligner, pour avoir contribué au bouleversement de la géopolitique mondiale basée à l’époque sur la confrontation entre les USA et l’URSS.
Il s’agit de la révolution islamique d’Iran et de l’aventure soviétique en Afghanistan.
Comme on le sait, la prise du pouvoir par l’ayatollah Khomeiny élimina un des piliers fondamentaux sur lesquels reposait l’architecture géopolitique occidentale, édifiée par les États-Unis à partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale.
|
|
(Suite...)
|
|
|
Alexandre Latsa|L'avenir de l'Europe c'est la Russie|05.10.2009
|
Alexandre Latsa
L'avenir de l'Europe c'est la Russie
"Nul doute déjà, que la fin de «la guerre froide» a marqué la fin d'une étape plus longue du développement international – 400-500 ans, durant lesquels la civilisation européenne a dominé dans le monde. L'Occident historique s'est toujours propulsé a la pointe de cette domination".
"La nouvelle étape est parfois définie comme «post-américaine». Mais, certes, ce n'est pas le «monde d'après les USA» et d'autant plus sans les USA. C'est un monde, où, à la suite de la montée d'autres centres globaux de la force et de l'influence, l'importance relative du rôle de l'Amérique se réduit, comme cela avait déjà eu lieu au cours des dernières décennies dans l'économie et le commerce globaux. Le leadership est un tout autre problème, avant tout celui de l'obtention de l'entente parmi les partenaires, de la capacité d'être premier, mais parmi ses égaux".
" Pour définir le contenu de l'ordre mondial en formation, on avance aussi les termes comme multipolaire, polycentrique, non-polaire".
"Nous ne partageons pas les craintes, que la reconfiguration actuelle qui se passe dans le monde mène inévitablement « au chaos et à l'anarchie ». On observe le processus naturel de la formation d'une nouvelle architecture internationale – tant politique, que financière et économique, qui répondrait aux réalités nouvelles".
"La Russie se voit comme une partie de la civilisation européenne, qui possède les racines chrétiennes communes".
"Le dur modèle anglo-saxon du développement socio-économique présente de nouveau des ratés, comme dans les années 20 du ХХe siècle, l'Occident avait pour beaucoup créé l'architecture financière et économique globale a son image. Et actuellement, ou l'on est en présence du déplacement reconnu par tous de la force financière et économique vers les nouvelles économies en croissance rapide comme la Chine, l'Inde, la Russie, le Brésil, il devient évident que ce système n'est pas adéquat aux réalités nouvelles. Au fond, on a besoin d'une base financière et économique, qui correspondait au polycentrisme du monde contemporain".
***
Plus d'un an après ses propos tenus par Sergei Lavrov (en juin 2008) un seul constat s'impose, la crise financière les a totalement confirmés. A l'aurore de cet automne 2009, l'occident s'apprête à sortir de l'histoire par la petite porte, après avoir transmis ses métastases à l'humanité toute entière. Dans ce monde en re-configuration, il est bon se demander quelle est la place que les peuples du continent Européen entendent jouer.
|
|
(Suite...)
|
|
|
Alexandre Latsa|Entretien avec Christian Bouchet|21.09.2009
|
Alexandre Latsa
Entretien avec Christian Bouchet
Christian Bouchet bonjour et merci de répondre à mes questions. Tout d’abord, pourriez-vous vous « présenter » de façon synthétique ?
Je suis enseignant de profession et, dans le même temps, je suis aussi journaliste - à la fois sur le net et dans des organes de la presse traditionnelle - ainsi qu’écrivain et éditeur. Comme je ne dédaigne pas non plus le militantisme politique de terrain, je vous laisse imaginer à quel point mes journées sont bien remplies… Je suis de ceux qui disent : « Les 35 heures je suis pour, mais pas tous les jours ! »
Vous avez eu un parcours varié au sein de la « mouvance nationale » française et européenne, comment le résumeriez-vous aujourd’hui avec un peu de recul ?
En réalité, mon parcours n’a pas été si varié que cela. Bien au contraire, j’ai tendance à penser qu’il se caractérise par une grande constance. Je suis entré en politique durant le second semestre 1969. J’avais à l’époque 14 ans et demi. Après un court passage dans les milieux monarchistes, dû à mon origine familiale, je me suis rattaché à un courant que je n’ai jamais quitté depuis : celui du nationalisme-révolutionnaire. Il s’en est suivi presque trente ans d’activisme politique, comme militant d’abord puis comme cadre dirigeant, dans des groupuscules dont le nombre d’adhérents a varié, selon les périodes, entre quelques dizaines et quelques centaines.
Alors que j’ai sacrifié beaucoup de choses à cet engagement groupusculaire, je n’ai jamais réellement cru à ses chances de réussite politique.
On peut donc se demander pourquoi j’ai persisté…
C’est tout simplement parce que si je ne croyais pas à la réussite organisationnelle, j’étais en revanche convaincu – et je le suis toujours – par la justesse des idées et par leur influence possible. Ainsi, je me retrouve assez bien dans cette citation de Gilles Martinet, qui a passé, pour sa part, une partie de sa vie dans des groupuscules de la gauche dure : « Je n’ai jamais cru à l’avenir des petites organisations se situant en marge des grandes formations historiques. Et pourtant, j’ai participé moi-même à la constitution et à la direction de plusieurs de celles-ci. C’est que je croyais que leur existence et que leur combat pouvaient entraîner des changements au sein des grands partis. »
Ce rôle les NR français l’ont joué au sein du mouvement national. En plus de lui fournir quelques cadres de très haut niveau, il ont servi de laboratoire idéologique et de passeurs d’idées. C’est ce qu’a très bien vu Nicolas Lebourg, un universitaire hostile mais honnête, qui, dans sa thèse Les nationalistes-révolutionnaires en mouvements (1962-2002), écrit (p. 704) : « Au sein même du système politique concurrentiel, les groupuscules trouvent leur importance en leur travail de “veilleur” et de fournisseur de concepts et d’éléments discursifs aux structures populistes qui ont, quant à elles, accès à l’espace médiatique. Si on y regarde bien, les nationalistes-révolutionnaires ont donné trois idées au Front national : l’anti-immigration, l’anti-américanisme, l’anti-sionisme, et l’ont ainsi armé lexico-idéologiquement. »
Mais pour jouer ce rôle de formateur de cadres, de laboratoire idéologique et de passeur d’idées, encore faut-il avoir une structure, une presse, des activistes, etc. C’est ce qui a justifié les constructions groupusculaires auxquelles j’ai participé et c’est ce qui justifie toujours mon combat.
|
|
(Suite...)
|
|
|
Christian Bouchet|Journal d’un séjour en Iran|19.09.2009
|
Christian Bouchet Journal d’un séjour en Iran
1 août 2009, Shiraz.
Je suis maintenant sur la terre de l’antique empire perse depuis quatre jours et rien n’est comme je l’avais imaginé.
Quand j’ai annoncé à mes proches, début juillet, que j’avais l’intention de me rendre en Iran, pour juger sur pièce de la situation, les réactions ont été de deux types. Mes amis politisés n’ont pas caché qu’ils m’enviaient et qu’ils auraient aimé être à ma place. Les autres, en revanche, n’ont eu de cesse de me mettre en garde contre le danger inutile que je prenais, vu les circonstances, en me jetant volontairement dans ce qu’ils considéraient comme la gueule du grand méchant loup… Pour eux, je risquais bien de connaître le même sort que Clotilde Reiss, voire pire. Les Conseils aux voyageurs figurant sur le site du Ministère français des Affaires étrangères allait dans le même sens et insistaient sur le fait que « dans les circonstances actuelles, il est recommandé de surseoir à tout voyage non essentiel en Iran. Cette recommandation s’applique aussi bien aux voyages d’affaires qu’aux voyages touristiques. Les services de sécurité sont en effet très suspicieux à l’égard des contacts avec la population, notamment avec les milieux universitaires et étudiants, qu’ils observent avec attention, et à l’égard des prises de photographies. »
Bien que n’ignorant pas ce que la Propaganda Staffel occidentale peut générer comme désinformation, et bien qu’ayant, naturellement, un a priori favorable pour l’Iran résistant de Mahmoud Ahmadinejad, j’ai donc pris le vol de la KLM Amsterdam-Téhéran avec une certaine perplexité et une légère inquiétude… En tous cas, je n’imaginais nullement à ce que j’allais découvrir : une réalité en tout point différente de l’image que les médias du Grand Occident nous délivrent.
Soixante-douze heures pour parcourir Téhéran, des quartiers bourgeois des contreforts des monts Alborz à ceux populaires sis au sud, c’est bien peu. Mais c’est cependant suffisant pour se faire une idée assez juste.
Ce qui frappe, tout d’abord, c’est le modernisme général des voies de circulation, de l’architecture, des boutiques, des restaurants. Le dépaysement quand on se promène dans les rues est faible, bien moindre que celui que l’on éprouve à Istanbul ou à New Delhi, on pourrait par certains côtés se croire à Madrid… si ce n’était le dress-code islamique qui impose le port du tchador.
A la lecture des journaux je m’étais imaginé des femmes strictement couvertes, ne laissant voir aucune mèche de cheveux. J’avais lu, dans les articles de Delphine Minoui, la correspondante du Figaro à Téhéran, qu’une police des mœurs veillait au grain et pourchassait les femmes « mal voilées » et les couples d’amoureux. Mais où donc est cette police ? Les femmes « mal voilées », maquillées, laissant voir une très grande partie de leur chevelure a peine dissimulée sous un élégant châle, sont légion, les couples de jeunes sont nombreux eux aussi et à Darband, au bord d’un ruisseau qui dévale des monts Alborz, tout semble organisé pour la drague et la séduction… Je fais part de mon étonnement à mon chauffeur qui sourit et me précise que cette police n’est plus active depuis plusieurs années… De cela, la miss Minoui a oublié de nous avertir !
Il est vrai que les journaleux au service du Grand Occident peuvent écrire n’importe quoi, personne n’ira vérifier leurs dires : il n’y a ici presque aucun occidental de passage et les seuls touristes que je rencontre sont … irakiens !
|
|
(Suite...)
|
|
|
Jean Geronimo|Où va la Russie ? Moscou, à la recherche d’une identité post-soviétique|18.10.2009
|
Jean Geronimo Où va la Russie ? Moscou, à la recherche d’une identité post-soviétique
"La Russie aura un niveau d'armement tel que personne n'aura l'idée de menacer notre pays ou nos alliés."1
D. Medvedev
Président de la Fédération de Russie
10/09/2009
La fin de la Guerre froide a précipité la chute du communisme soviétique, tombé en 1991, dans les oubliettes libérales de l'histoire. Dans le même temps, cette chute finale a été le point de départ d'une renaissance de la Russie post-communiste, après une phase de transition "libérale", particulièrement délicate - sous l'impulsion de B. Eltsine - qui l'a affaiblie et aggravé, in fine, un trouble identitaire.
Aujourd'hui, la Russie de D. Medvedev a quasiment achevé sa reconstruction économique et politico-psychologique. Mais sa réémergence comme puissance internationale majeure n'est pas toujours acceptée, notamment par le leadership américain, qui a pris le contrôle de la destinée du monde depuis la lutte implacable contre la menace communiste - perçue comme "l'axe du mal" - et, en cela, imposé son unilatéralisme dans la gouvernance mondiale. La lutte Est/Ouest aurait, en quelque sorte, légitimé l'hégémonie internationale de Washington, comme leader incontesté et messianique du monde libre. Par la suite, sous l'impulsion de l'idéologie néo-conservatrice expansionniste de G.W. Bush, elle a entrepris de réhabiliter le "facteur force" comme régulateur géopolitique, en réarmant le bras de la justice internationale et en relançant, par ce biais, la course aux armements2.
Face à cette résurgence de l'impérialisme politico-militaire américain et se sentant menacée, Moscou a été contrainte de recentrer son système de défense sur l'arme nucléaire - pour se protéger d'une Otan de plus en plus agressive à sa proche périphérie comme l'a montré, en 1999, le scénario yougoslave avec l'attaque et la déstabilisation d'un Etat souverain. En violant allègrement la résolution 1224 du conseil de sécurité de l'ONU sur l'intégrité territoriale de la Serbie, l'Otan - sous la bienveillance de Washington - montre alors qu'elle est au dessus des lois internationales et que sa capacité d'intervention s'est élargie à l'ancien espace communiste. Et son élargissement programmé est susceptible d'accroitre les tensions avec la Russie, comme le reconnait D. Medvedev : "L'OTAN devrait éviter d'aggraver les relations avec ses voisins. Avant d'admettre de nouveaux membres, il faut étudier les éventuelles conséquences d'une telle décision (...)"3 Mais, le plus troublant est de voir, au cœur de l'espace post-soviétique, le maintien d'une forme de conflictualité latente américano-russe issue de la Guerre froide, dans la mesure où la Russie post-communiste reste l'adversaire stratégique privilégié de l'hyper-puissance américaine - et inversement.
Dans son essence, la lutte américano-russe pour le leadership politique en Eurasie post-soviétique n'a pas cessé avec l'arrivée d'Obama à la présidence américaine. Cela est implicitement confirmé par Herman Pirchner, président du Conseil américain de politique étrangère, qui reconnait l'existence de tensions, liées au maintien de barrières idéologiques et de pressions américaines sur la politique russe dans les ex-républiques soviétiques. Le 9/09/2009, il admet notamment que "les disputes sur les destinées de l'espace post-soviétique entravent la coopération sur plusieurs questions d'intérêt commun"4. Car désormais, Washington doit assumer ses nouvelles responsabilités issues de son avancée en zone post-soviétique permise, à l'origine, par le recul russe. Et cette configuration explique la radicalisation d'une lutte d'influence centrée sur le contrôle d'un espace stratégique.
|
|
(Suite...)
|
|
|
Christian Bouchet|Municipales, la Turquie vote à droite et contre l’Union européenne|11-08-2009
|
Christian BouchetMunicipales, la Turquie vote à droite et contre l’Union européenne
Rares sont les Français qui ont eu connaissance des résultats des dernières élections municipales qui se sont déroulées en mars dernier en Turquie. Ceux-ci sont pourtant particulièrement signifiants : près de 25 % des Turcs ont voté pour des partis de la droite de conviction hostiles à l’entrée de leur pays dans l’Union européenne.
Rappelons pour mémoire que la Turquie est dirigée par le Parti de la justice et du développement, une organisation islamiste modérée qui, dans le spectre politique français, correspond plus ou moins à l’UMP. Libéral et atlantiste, ce parti, malgré quelques brouilles, passagères et vraisemblablement scénarisée, maintient son pays dans une alliance étroite avec les États-Unis et Israël, tout en toquant avec constance à la port d’entrée de l’Europe de Bruxelles.
|
|
(Suite...)
|
|
|
Georges Feltin-Tracol|Commentaires sur la crise iranienne|02-08-2009
|
Georges Feltin-Tracol Commentaires sur la crise iranienne
Depuis le 12 juin 2009, jour de l’élection présidentielle, l’Iran traverse une grave crise politique. Derrière une inquiétude de circonstance, les dirigeants occidentaux se réjouissent de ce tumulte intérieur croissant qui leur permet le secret espoir que Téhéran ne parviendra pas à acquérir l’arme atomique ou, pour le moins, échouera près du seuil critique de la nucléarisation.
Heureuse de voir une menace (presque) écartée de son horizon, l’hyper-classe ploutocratique incite ses médias à désinformer largement les populations, d’où un traitement de l’actualité partial. Il est par exemple risible d’entendre de sévères mises en garde, de violentes critiques envers la République islamique et son régime théocratique alors que l’insupportable théocratie des droits de l’homme pèse sur les Européens…
|
|
(Suite...)
|
|
|
Tiberio Graziani|Les États-Unis utilisent l’Europe comme tête de pont pour attaquer l’Eurasie|30.03.2009
|
Tiberio Graziani Les États-Unis utilisent l’Europe comme tête de pont pour attaquer l’Eurasie
Dans un entretien à la télévision Russia Today, le géopoliticen Tiberio Graziani souligne la dépendance de l’Italie en particulier et des États ouest-européens en général vis-à-vis des États-Unis. Une vassalité qui empêche Rome et Bruxelles de défendre leurs intérêts et les contraints à considérer Moscou comme un adversaire et non un partenaire.
Anastasia Haydulina pour Russia Today : Les gouvernements du monde entier sont en train d’adopter des mesures protectionnistes. Ce qui produit un impact à tous les niveaux de la société. En Italie on assiste à un plus grand appui aux politiques anti-immigration de la droite. Comment va faire l’Italie, et comment ferons-nous tous, pour dépasser la crise financière mondiale ?
Tiberio Graziani : Avant tout nous devrions réfléchir sur les causes de cette crise financière, qui a atteint aussi la production au niveau industriel, d’abord aux États-Unis puis dans tout le système occidental, constitué par le triumvirat bien connu : États-Unis, Europe occidentale et Japon. La crise a influencé tout le marché mondial. Pour ce qui concerne l’Italie, les effets se sont manifestés avec un léger retard et, je crois, seront plus marqués au cours de 2009 et 2010.
Car l’économie italienne est principalement fondée sur des petites et moyennes entreprises, il n’y a pas de grosse concentration industrielle, et, donc, l’Italie tend à avoir cette plus grande flexibilité qui est nécessaire pour affronter et contenir la crise. Mais la crise sera très profonde.
Nous ne serons en mesure de dépasser une crise financière qu’en opérant dans un contexte géoéconomique continental. Ceci signifie que nous devrions chercher des solutions qui impliquent les économies des pays émergents comme la Russie, la Chine et l’Inde. La crise ne peut pas être dépassée qu’avec des solutions nationales ou des solutions élaborées à Bruxelles exclusivement par l’Union Européenne.
|
|
(Suite...)
|
|
|
La désintégration sanglante de l’Ukraine est inévitable|Entretien avec Alexeï Alexandrov, président du mouvement Une autre Ukraine|29.03.2009
|
Entretien avec Alexeï Alexandrov, président du mouvement Une autre UkraineLa désintégration sanglante de l’Ukraine est inévitable
Une autre Ukraine, qui a été fondé en novembre 2008, axe la majeure partie de son action contre l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN. Elle refuse de se définir suivant le schéma gauche/droite et se prononce pour un politique de justice sociale, contre l’oligarchie et la corruption des clans Iouchtchenko, Tymochenko et Ianoukovytch.
Question : Pouvez-vous dire quelle influence a eu la crise du gaz sur la situation sociale et politique de l’Ukraine ?
Alexeï Alexandrov : À mon avis, la crise du gaz a été une tentative du pouvoir ukrainien de détourner l’attention de la société de la catastrophe économique. Avant cette crise le prix du gaz était déjà très élevé pour le consommateur ukrainien. Le véritable changement a été que le pouvoir russe a mis un terme à l’appropriation du gaz par les voleurs haut-placés du gouvernement ukrainien et de l’entourage de Iouchtchenko.
C’est ce qui a motivé leurs efforts pour brouiller les peuples frères de Russie et d’Ukraine.
Concernant le résultat économique de la « guerre du gaz » nous pouvons dire qu’il est catastrophique pour le peuple d’Ukraine. Le postulat de la destinée commune, des relation privilégiées de peuples frères, a été aboli et remplacé par des relations purement économiques entre la Russie et l’Ukraine. L’Ukraine a perdu les dernières relations commerciales préférentielles que lui consentait la Russie. Maintenant l’Ukraine, coincée entre la Russie et l’Occident pragmatique, attend son inévitable effondrement économique.
|
|
(Suite...)
|
|
|
Alexandre Latsa|Un entretien avec Alexandre Douguine|28.03.2009
|
Alexandre Latsa
Un entretien avec Alexandre Douguine
Alexandre Douguine, je doute que mes lecteurs ne vous connaissent pas et renvoie sinon à vos écrits et à la biographie complète de Métapedia à votre sujet. Néanmoins pouvez vous présenter et synthétiser votre combat politique et géopolitique jusqu'à ce jour ?
Je suis né le 7 janvier 1962 à Moscou, dans une famille de militaires. Mon père était officier et mère médecin. Au début des années 80 en étant dissident et ayant l'aversion pour le système communiste en peine décadence, j'ai fait connaissance des petits groupes traditionalistes et des cercles politico-littéraires de Moscou, où participaient le romancier Youri Mamleev, qui émigrera par la suite aux Etats-Unis, le poète Evgueni Golovine et l’islamiste Gueydar Djemal, fondateur en 1991 du Parti de la renaissance islamique. C’est aussi à cette époque que j'ai découvert les écrits d’Evola, de Guénon, de Coomaraswamy et de bien d’autres auteurs (en 1981, j'ai traduit en russe le livre de Julius Evola Impérialisme païen, qui sera diffusé clandestinement en samizdat).
Après la désintégration du système soviétique, au début des années 1990, j'ai crée l’association Arctogaia et le Centre d’études méta stratégiques, après les revues Milyi Angel et Elementy, qui paraîtront jusqu’en 1998-99. Mes idées ont été influencées a partir des années 80 par la Nouvelle Droite européenne et au premier lieu par Alain de Benoist que je tiens en plus grand estime jusqu'à présent. Je le considère un des meilleurs intellectuels français actuels – peut être même le meilleur.
Dernièrement je m’intéresse beaucoup à la philosophie de Martin Heidegger, à la sociologie de M.Mauss, L.Dumont, P.Sorokin et surtout à Gilbert Durand (récemment découvert par Alain de Benoist), mais également à l’anthropologie de G.Dumézil et de Claude Levy-Strauss. J’ai écrit plusieurs textes sur l’économie – entre autres sur les idées de Friedrich List, sur Schumpeter et F.Brodel.
A l’Université de l’Etat de Moscou, j’ai donné des cours de la Postphilosophie étudiant la philosophie de la postmodernité etc. Maintenant je suis professeur à la faculté sociologique et dispense les cours de Sociologie structurelle (sur la base des idées durandiennes sur l'imaginaire)
Si j'étais obligé de définir mes positions philosophiques je les décrirais comme appartenant au "traditionalisme".
Au premier lieu, je suis le disciple de René Guenon et de Julius Evola.
Dans la grande publique en Russie et dans quelques autres pays (Turquie, Serbie, le monde arabe etc) mes écrits géopolitiques sont très connus.
Mon idée est simple: il faut combattre l'impérialisme américain, le monde unipolaire et l'universalisme des valeurs libérales, marchandes et technocrate. Comme Alternative cela devrait être l'organisation du monde multipolaire comme ensemble de grandes espaces – chacun avec ses systèmes des valeurs propres – sans aucun préjugés.
Pour réaliser ce projet il faut créer le projet eurasien – commun pour l'Europe et la Russie mais avec les alliances stratégiques avec d'autres forces et cultures qui rejettent le mondialisme américain et la dictature libérale planétaire. L'eurasisme que je défends c'est le pluralisme absolu des valeurs.
|
|
(Suite...)
|
|
|
|
Archive
|
| Thursday, 19 March | | · | Alexandre Latsa|Zivela Srbija ! Kosovo je Srbija ! Hourrah !|19.03.2009 (0) |
| Monday, 19 January | | · | Robert Coalson|Russie : les conservateurs contestent la notion de « valeurs universelles »|18.01.2009
(0) |
| Wednesday, 24 December | | · | Christian Bouchet | Penser en terme de géopolitique (0) |
| Wednesday, 17 December | | · | Léonid Savin | Nouveau conservatisme et crépuscule du libéralisme | 17.12.2008 (0) |
| Monday, 01 December | | · | Alexandre Latsa|Moscou : capitale de l'Europe ! |01.12.2008 (0) |
| Thursday, 06 November | | · | Jean-Michel Vernochet|L’Union européenne & la gestion du chaos -De la crise du Caucase à la dépression économique… |05.11.2008 (0) |
| Wednesday, 29 October | | · | Jean Géronimo|Géorgie : le point de non retour Une déstabilisation programmée|29.10.2008 (0) |
| Sunday, 19 October | | · | Paul Goble|Eurasie et pipelines : Moscou remporte une importante victoire|19.10.2008 (0) |
| Sunday, 12 October | | · | Alain de Benoist|La crise financière mondiale de l'automne 2008|12.10.2008 (0) |
| Friday, 03 October | | · | Emmanuel Todd|Le gouvernement français me fait penser à un rat qui monterait sur un navire en train de couler|04.10.2008 (0) |
ÂÅÑÜ ÀÐÕÈÂ
Archives
|
|
|